L’exposition « Espaces Blancs »

1973 Colombes jpeg.pngAu printemps 1973, Isabel et Diego exposent au Théâtre de Colombes – Maison des jeunes et de la culture

Le fascicule de l’exposition présente le travail d’Isabel.

En conclusion une citation de Vassily Kandisky sur le BLANC :

« … Avec Isabel Echarri, c’est plus carrément d’objets qu’il s’agit et un trouble nous saisit devant, ses oeuvres qu’elle nomme « tactiles ». Sans doute parce que leur surface mate cède au toucher et offre une trompeuse apparence de fermeté. Ce malaise que certaines oeuvres provoquent a quelque chose de biologique, de vital ; leur matière semble échapper à la pesanteur (papier ou caoutchouc).

Blanches et insaisissables, elles veulent être touchées. Blanches elles s’affirment dans notre univers polychrome, avec une intensité libératrice. Blanches, elles sont « lumière » et quelquefois la musique ou le son modifie leur éclat, en évoquant l’irrésistible mouvement de la naissance et de la vie. Pour ses Néo-gravures, préparant son modèle en pâte à modeler, en polyester, organisant ses volumes, les répartissants, puis tirant sa matrice et de là sa gravure Echarri crée des volumes sensibles au toucher, où les formes abstraites se solidifient, prennent corps, s’opposent et vivent un perpétuel conflit. Sensible à la matière, au toucher, au tactile, elle réalise elle-même sa pâte à papier, matière sensuelle qu’elle domine et violente, qu’elle prépare avec le même soin que les amateurs de « hautes pâtes », mettent à broyer leur couleur. Avec cette pâte, ce ferment, elle obtient de véritables sculptures et avec Echarri, il ne s’agit plus de reliefs épidermiques mais véritablement de volumes accidentés et tragiques. Peut-on encore parler d’estampes ou faut-il dire reliefs ?

Cela n’a aucune importance puisque depuis longtemps déjà on se heurte bien plus à la petitesse des mots qu’à celle de l’esprit créateur. Le mot même ne suffit plus et demain, c’est avec de vieux mots que l’on fera de nouvelles choses. L’art avance, il faut le suivre : il est Révolution permanente et devant les propositions d’Isabel Echarri, propositions d’une fierté et d’une présence singulières, le présent est déjà demain.

Regarder ces oeuvres Blanches c’est espérer ce qui naîtra d’elles quand elles auront quitté nos yeux, à elles sont les promesses de l’aventure qui profile en nous ses éblouissantes aurores, le gage certain de l’amour, l’espoir de « Demain » car le BLANC n’est-il pas « ce rien plein de joies juvéniles, ou pour dire, un rien avant toute naissance, avant tout commencement » ? Vassily Kandisky 1910 du Spirituel dans l’Art. »

1973-colombes

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