Les traces du quotidien – partie 2/2

jacques-doucet

Traces du quotidien de Jacques Doucet, Collection privée

« Les traces du quotidien » interroge à la fois sur la représentation d’un instant et sur ce qu’il en reste des années plus tard.

« Les traces du quotidien » fait référence à une exposition éponyme de Jacques Doucet, seul peintre français du mouvement CoBrA. Nous sommes en 1989 à la galerie suédoise GKM de Malmö. Ses déclarations illustrent détermination, caractère trempé, radicalité, doctrine avec une ambition assumée de privilégier la pensée contre les lois du marché.

 Comment représenter le quotidien, l’instant tout en assurant la pérénité du regard et de la reflexion pour des années ? Et au-delà, qu’en est-il de la trace laissée par l’artiste, par les artistes dans l’histoire de l’art ?

La notion de quotidien est naturellement très présente dans le travail de nombreux artistes.

Camille Henrot interrogeait le quotidien pour le décrypter. Elle investissait tous les espaces du Palais de Tokyo avec son exposition « Dog Day ». Le terme signifie en anglais une journée difficile. Elle découpait la déambulation par salle, thématiquement, du samedi au vendredi. A lire ou à relire : Article de Patrick Scémama

bd3795d1d79bbe20acacba49f04e9aa8--keith-tyson-year-La notion de temporalite est présente chez Keith Tyson dans ce qu’il appelle ses WallPapers qui ressemble aux paperboards des salles de réunion.

Pour revenir en 1989, le fondateur de la galerie Siwert Berström écrivait dans la préface du catalogue :

« Traces du quotidien, ces traces que nous rencontrons chaque jour, les grandes comme les petites, les trivialités comme les grandeurs, la tristesse comme la joie. Mais aussi la beauté, celle que nous trouvons dans l’art. »

Jacques Doucet exprime une émotion, un instant avec une radicalité déconcertante, par un geste, simple et fort, une impulsion.

Je ne peins pas pour « les greniers de la bourgeoisie ».

Dans le catalogue, dont la préface a été confiée à Corneille, « Jamais Doucet n’a cherché à être « rassurant », à se réclamer de quiconque. Encore moins à se prêter à des récupération commerciales ».

Nous pourrions probablement attribuer ces mêmes propos à Isabel tant elle donne ce sentiment de travailler en totale indépendance.

Jacques Doucet confiait au poète Jean Orizet pour le catalogue de cette exposition de 1989 : « Les peintre authentiques, contrairement aux faiseurs, sont toujours en avance sur leur époque. Aujourd’hui, les marchands s’intéressent aux années cinquante … en l’an 2000 ils s’intéresseront aux années soixante-dix. En ce qui me concerne, cela m’indiffère … je continue de travailler … comme je le fais, depuis quarante ans. »

Ces propos datent de 1989.

Ils donnent à méditer

Par Lionel Baert, le 31 janvier 2018

 

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