« La colombe de la liberté »

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Le 8 janvier 1996, François Mitterrand s’éteint avenue Frédéric Le Play.

A quelques centaines de mètres de la Tour Eiffel commence le ballet des voitures déposant celles et ceux lui rendant hommage.

« Je l’avais vu dormir ainsi … » écrit Robert Badinter dans le Nouvel Observateur daté du 11 au 17 janvier 1996. « Cet homme n’avait jamais cessé de chercher la réponse à l’interrogation ultime » précise-t’il.

Le 11 janvier, date du numéro du Nouvel Observateur, l’ancien président est inhumé à Jarnac.

L’éditorial « l’homme des deux France » est signé par Jean Daniel et par Jules Joffrin. Ce dernier y ajoute le sous-titre « Le Sphinx du 10 mai ».

Le sommaire détaille un « Spécial Mitterrand », son histoire, sa montée au pouvoir, ses derniers jours …

Le dossier de la semaine est quant à lui consacré à « Pollution : les solutions ». Déjà !

La rubrique « Notre époque » titre « La chute de l’empire Crozemarie ». L’article enquête sur le scandale de l’ARC.

Au hasard de ce numéro « collector », une publicité fait sourire. Elle propose « un logiciel gratuit de communication », « beaucoup moins cher à 1,29 francs la minute » et « beaucoup plus vite jusqu’à 14 400 bauds ».

Dans les dernières pages, on retrouve les iconiques petites annonces « De vous à vous » avec « Particuliers femmes », « Particuliers hommes » et « Méli-mélo »!

On y croise les annonces les plus sages comme les moins sages.

Celles des « agences matrimoniales » de la fameuse Madame Desachy. Son officine « privilégie l’union d’exception ».

Quant à la rubrique « Loisirs-Rencontres », celle-ci ne propose pas vraiment de jouer au bridge, aux échecs ou au Scrabble …

« No sex last night » de et avec Sophie Calle sera sur les écrans le 17 janvier. Le pitch : « Un homme et une femme roulent en Cadillac de New-York à Las Vegas. Ils n’ont rien à se dire. Il ne la désire pas. Elle à envie de lui » !

Tout un programme !

Lionel Baert, le mercredi 11 janvier

Ci-dessous, l’article du Nouvel Observateur concernant Isabel Echarri

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Isabel Echarri sans son atelier de Paris, en 1996 – Photographie signée V. Dufeu

L’exposition «Garcia Lorca-Echarri-Arrabal» a lieu à l’Institut Cervantes de Paris.

L’image emblématique de Federico Garcia Lorca inspire profondément et régulièrement l’oeuvre d’Isabel.

L’année 1996 est pour elle une année riche d’expositions :

  • Suisse : Centre Culturel de l’Isle/ Nouvelle Librairie d’Architecture de l’Isle à Genève
  • Espagne : « Abstractions » à Palma
  • France : Triennale de l’estampe de Chamalières
  • Allemagne : Exposition à Hambourg/Gutenberg Museum de Mayence
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Edition datée du 11-17 janvier 1996

ISABEL ECHARRI – LA COLOMBE DE LA LIBERTE

Originaire des rives de la Bidassoa, le sculpteur Isabel Echarri porte seize noms comme l’exige la coutume basque.

Amoureuse de la Méditerranée, elle s’est laissé séduire par l’archipel des Baléares, dont elle scrute la mer au littoral découpé.

Elle a fait ses classes à Paris aux Beaux-Arts, tout en choisissant un maître qui refusait l’académisme : Charles Estienne, écrivain et critique qui lui enseigna la vie et l’art vivant.

Menue et frêle, Isabel possède des mains solides pour « violenter » sa matière, les feuilles de papier coulées en pâte, qu’elle boursoufle, lacère, perce, tresse… jusqu’à ce que les structures deviennent surface.

Un relief aux coins et recoins dont elle explore les secrets. Souvent inspirée par les textes – Neruda, Unamuno, Planells – cette fois, elle a fait sien le mot de Federico Garcia Lorca : « Le théâtre est la poésie qui se lève d’un livre pour devenir humaine. »

Pour rendre hommage au poète andalou, fusillé par les franquistes en 1936, elle a sculpté des «livres scéniques » à la manière de son théâtre intérieur, celui du rire et des larmes (qu’elle expose à Paris avec la complicité d’Arrabal à l’Institut Cervantes).

L’artiste, ici, innove avec la couleur dictée par la mort du poète : du jaune, rouge, violet – touches républicaines qu’elle pose sur son blanc décliné en camaïeu. Ainsi l’œuvre d’Isabel devient libre, à l’image d’une colombe !

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Une réflexion sur “« La colombe de la liberté »

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