L’effervescence des foires

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Le stand de la Galerie Perrotin -Evènement Elmgreen & Dragset du 24 septembre 2016

La Fiac vient tout juste de fermer ses portes.

Les œuvres les plus chanceuses rejoindront les cimaises de collectionneurs, d’autres, les coffres forts d’investisseurs. Certaines retourneront dans les stocks des galeries, attendant meilleure fortune.

Cette effervescence des foires, Isabel l’a connu.

Entre 1962 et 1967, Isabel « expérimentait » au Salon Comparaison du Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris. Dans les années 70, elle participait au Salon de Mai. Entre 1987 et 1999, elle exposait à plusieurs reprises à Saga, sous l’imposante nef du Grand Palais. Il y avait aussi les biennales ou les triennales …

Octobre 2016

Pendant une semaine, Paris vibre au rythme de l’art entre inaugurations, vernissages, visites privées …

Les articles dans les quotidiens, dans les mensuels, les reportages à la télévision s’attachent aux noms les plus porteurs, aux prix les plus élevés, aux images les plus fortes, à celles qui resteront dans les esprits.

On y croise évidemment, Paul McCarthy et son nain rose ou on interroge des passants place Vendôme, dans la forêt d’Ugo Rondinone.

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Nain rose de Paul McCarthy

Les mensuels sur l’art livrent leurs secrets.

Quels noms faut-il suivre ? Combien dépenser pour commencer une collection ? Quelles sont les secrets des artistes pour se rendre « bankables » ?

Rendez-vous à l’inauguration de la Fiac, mercredi à 15h00.

Nous croisons Patrick Scémama de la République de l’Art. Il part. Il était dès 9:00 au Petit Palais qu’investissait la Foire pour la première fois. Il vient juste de poster sur Instagram une photo : « Mountain Landscape with Rainbow » d’Ugo Rondinone. Il file écrire un article juste avant le vernissage de Maurizio Cattelan à la Monnaie de Paris attendu à 19h00. L’ex-provocateur et désormais prétendu retraité créera la cohue à la Monnaie de Paris. Pour « Not afraid of love » les équipes de Perrotin, de Marian Goodman et de la Monnaie de Paris sauront faire le buzz.

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La Nona Ora de Maurizio Cattelan, 1999

Nous sillonnons les allées, revenant parfois sur nos pas. Dans le nouveau stand de la Galerie Christophe Gaillard, Guillaume Lointier accueille et renseigne.

Surprise ! Ils n’exposent pas Julien des Montiers.  Le jeune virtuose était encensé en février par Olivier Cena de Télérama pour son solo-show « A l’Ombre des Météorites ». Le galeriste souhaiterait-il lui donner le temps de produire une nouvelle série de tableaux ?

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Julien des Montiers (Détail) – Galerie Christophe Gaillard – Collection privée

Nous croisons Philippe Méaille. Il propose une séance de rattrapage au Château de Montsoreau pour y voir l’accrochage d’Agnès Thurnauer. Avant le 25 octobre, ce sera un peu trop juste, à regret.

Vincent Sator salue notre bonne idée de commencer par les galeries du haut. Mais de toutes les manières, pour ce qui le concerne, il est appelé à revenir plusieurs fois.

Notre œil s’aventure dans les stands à la recherche d’une technique, d’un style qui se rapprocherait de celui d’Isabel : Blancs et reliefs sont nos obsessions.

Sur le stand de la galerie new-yorkaise Andrea Rosen, nous prenons en photo Eardrum un grand format de David Altmejd.

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David Altmejd (Détail) – 2016 – Galerie Andrea Rosen

Nous en relevons la composition : une résine aqueuse, époxy, fibre de verre entre autres.

Nous pensons forcément aux reliefs polymères d’Isabel.

Sur le même stand, une autre œuvre du même artiste attire évidemment notre attention.

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David Altmejd (Détail) – 2016 – Galerie Andrea Rosen

Plus loin, avec les honneurs de l’allée centrale, chez Gagossian nous retrouvons un Rudolf Stingel  explorant les mystères d’un polystyrène expansé.

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Rudolf Stingel – Untitled (Détail) – 2003 – Galerie Gagossian

Il y a déjà beaucoup à faire à la Fiac au Grand Palais. Et, il y aussi tant à voir ailleurs.

Alors qu’Isabel exposait à Comparaison, il y avait aussi le Salon des Indépendants. Ces manifestations ont parfois changé de noms, de lieux , de dates au fil des ans. Ou elles ont cessé, parfois seulement depuis quelques années.

Retrouverions nous les équivalents des évènements satellites d’aujourd’hui ?

Nous demanderons à Isabel.

Au Carreau du Temple, la septième édition de YIA – Young International Art Fair propose de découvrir les sélections de 65 galeries.

Avec Private Choice, Nadia Candet livre une expérience exceptionnelle « une collection imaginaire et éphémère d’art et de design contemporain » dans un appartement haussmannien de l’avenue Franklin Roosevelt à quelques pas du Grand Palais. Les toiles poétique aux pigments de roses de Quentin Derouet côtoient trois œuvres de Zoulikha Bouabdellah. Inspirées d’un film égyptien de référence « Madame la Diablesse », les trois sérigraphies aux scènes composées de motifs de de dentelles formeront un triptyque pour un couple de collectionneur. Mathias Coullaud, le galeriste, est « diablement » ravi.

A Paris, c’est la surchauffe. Entre le vernissage de Claire Tabouret dans la galerie de Belleville, Bugada & Cargnel, et l’anniversaire de Daniel Templon, il faut choisir.

Claire Tabouret affiche sold-out au vernissage.

Templon fête les 50 ans de son « institution » chez Ledoyen. Dans le catalogue des 50 ans, il dit combien il est heureux de n’avoir jamais été à la mode. Il préfère rester une galerie de référence. Juste après le discours, il cherchera Ben, assumant son affection inconditionnelle pour le trublion qui questionne « Tout est art ? » au Musée Maillol .

Au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, Bernard Buffet illustre les variations sur l’engouement pour un artiste, sur l’épreuve du temps, sur le jugement, sur la qualité artistique d’un travail. La question est posée : l’artiste mérite-t-il une rétrospective ?

En 1949 avec Charles Estienne, comme en 2016, les critiques s’expriment.

« Contre », Emmanuelle Lequeux

« Pour », Alain Vircondelet dans l’édition de novembre du magazine Beaux Arts.

L’unanimité est retrouvée à la Fondation Louis Vuitton ! « Les icônes de l’art moderne, la collection S. Chtchoutine » émerveillent tout le monde, saturant les réseaux sociaux de photos avec une surenchère de « merveille sur merveille », «chef-d ‘œuvre sur chef-d’œuvre ».

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« Quelle belle diagonale de rose » s’émerveille Agnès Thurnauer – Paul Gauguin

De tous âges, ils saisissent leurs téléphones pour prendre en photo les Gauguin, Matisse, Picasso et tant d’autres parfois moins connus, telle cette huile de Klioune.

Les héritiers Poliakoff, Alexis et Marie-Victoire, regrettent de voir les artistes d’aujourd’hui travailler parfois comme dans la mode, par saisons. Ils ponctuent leurs productions sur le rythme incessant des foires internationales.

A l’entente de son nom, on se souvient forcément des compositions abstraites et colorées de Serge Poliakoff. Mais qu’en sera-t-il dans 50 ans ?

Quels artistes sont prémunis de la menace de l’oubli, d’un désamour futur ? Quels sont ceux qu’on découvrira ou redécouvrira ?

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Ce tableau de Klioune rappelle certains travaux d’Anish Kapoor

C’est la fin de la Fiac. Nous allons laisser passer quelques jours.

Nous allons commencer à interroger des galeristes, des marchands, des agents, des commissaires-priseurs, des journalistes, des artistes, des collectionneurs …

Nous devons trouver le meilleur moyen de disperser le contenu des deux ateliers d’Isabel.

Lionel Baert, le 24 octobre 2016

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Emoniciones perdidas Référence : IE 2016 DD #0029 2000 Papier sculpté dans cadre d’artiste Œuvre unique, signée et datée au verso 78 x 68 x 8 cm Collection de l’artiste – Disponible

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